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Le Festival 

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La 21ème édition du Festival International de la Route Royale, qui s'est tenue en 2023 entre Nice et Turin, a été un événement majeur, proposant pas moins de 30 événements à travers la France et l'Italie, répartis dans 14 communes des Alpes Maritimes, de Vintimille et de la vallée de la Vermenagna dans le Piémont.
 

Ce festival revêt une importance considérable en tant que lien culturel et humain pour cet espace transfrontalier remarquable qui s'étend entre Nice et Turin. Il joue un rôle essentiel dans la préservation et la mise en valeur du patrimoine exceptionnel des orgues historiques et permet également de faire découvrir ce patrimoine humain, naturel et architectural de la Route Royale.


Le public nombreux a eu l'opportunité de découvrir une grande variété de concerts avec des artistes de renommée internationale. Les soirées "L'Orgue fait son cinéma", avec des projections de films muets accompagnées d'improvisations à l'orgue, ont particulièrement séduit les spectateurs. L'ouverture du Festival de cinéma de Sospel, avec une soirée consacrée à Charlie Chaplin, et la projection du chef-d'œuvre d'Eisenstein, "Le Cuirassé Potemkine" à Saorge, ont marqué les points forts de ces sept soirées mémorables.


La 22ème édition du festival en 2024 continuera sur cette lancée, proposant une trentaine d'événements. Parmi ceux-ci, sept soirées "L'Orgue fait cinéma" mettront en avant les grands improvisateurs du moment, tels que Paul Goussot, Freddy Eichelberger, Gabriele Agrimonti, Guy-Baptiste Jaccottet et Quentin Querillot. Le programme inclura également un concert dédié aux magnifiques concertos pour orgue de Haendel, des visites de villages et d'orgues en partenariat avec la Carf et les Échappées Baroques, des répétitions publiques, ainsi que des moments de découverte de l'art de l'improvisation à l'orgue et du cinéma muet. Toutes les soirées orgues et cinéma seront réalisées en collaboration avec le Cinéma de Beaulieu, et cette année, nous sommes fiers de nous associer également avec le magnifique Musée du Cinéma de Turin.


Nous poursuivrons notre collaboration avec de nombreux acteurs de la vie culturelle, tissant ainsi un réseau local et international à la hauteur des ambitions de cet événement. Nous maintiendrons nos liens avec des entités telles que la Société de Musique Ancienne de Nice, les Amis de l'Orgue Valoncini de Contes, les Amis de l'Orgue Grinda de l'Escarène, l'Association du Cinéma d'Hier et d'Aujourd'hui de Sospel, le Cinéma de Beaulieu, et l'Association autour de la Maison du Patrimoine et des Traditions Brigasques, qui abrite le Musée des Orgues Historiques. De plus, nous maintiendrons nos collaborations avec les villes du côté italien, telles que Vintimille, la vallée de Vermenagna avec Robilante, Limone et Roccavione, ainsi que les associations italiennes liées à la Route Royale, à la Saison d'Orgue de Cuneo et au Musée du Cinéma de Turin.


La gratuité de l'ensemble de nos concerts et événements reflète notre engagement en faveur de "l'élitisme pour tous", une valeur chère à Jean Vilar, fondateur du Théâtre National Populaire. Le festival continue ainsi à représenter un pôle culturel et artistique incontournable pour cette région entre Nice et Turin.

L'ensemble de l'équipe du festival exprime sa chaleureuse gratitude envers la Région Sud, le Département des Alpes-Maritimes, la Carf, le Sivom de la Haute Vallée de la Roya, l'ensemble des communes partenaires, le Fonds de Développement de la Vie Associative, et tous nos autres partenaires pour leur précieux soutien.

 


Franck Marcon, directeur artistique
www.franckmarcon.com

Historique de la route royale

La Route Royale, ou «Real Strada», est le nom donné, au XVIIIe siècle, à un itinéraire reliant le comté de Nice par le col de Tende à la capitale des États de Savoie : Turin. À l’origine simple chemin muletier, également appelé « Route 

du sel », cette voie est aménagée au début du XVIIe siècle, en 1610, par les ducs de Savoie, puis rendue carrossable en 1780 et définitivement accessible en 1830. 
 

Depuis le Moyen Âge, la Route du sel relie Nice au Piémont. Elle longe alors la vallée du Paillon, traverse le village de L’Escarène, emprunte le col de Braus, arrive à Sospel dans la vallée de la Bévéra et continue son parcours sinueux par le col de Brouis, avant de redescendre dans la vallée de la Roya et d’atteindre le col de Tende, ultime passage avant le Piémont. Sous la domination savoyarde, la route devient alors un axe fondamental d’échange entre les deux versants alpins. 


En 1581,  Charles Emmanuel Ier de Savoie entre en possession du Comté de Tende et maîtrise alors tout l’itinéraire entre Nice et Turin qui était devenue capitale des États de Savoie en 1568. Ambitieux et cultivé, ce souverain prend une série de mesures pour développer ses États, en affranchissant le port de Villefranche et en commandant l’aménagement de la « route » qui longe désormais les fonds de vallées. 


Dans le texte qui accompagne certaines gravures du XVIIe siècle relatives aux vallées de la Roya et de la Bévéra, une place de choix est réservée à cette « route », on peut lire « ... La splendide route, unique en son genre, rivalisant avec les réalisations importantes des Égyptiens et des Romains... ». 

Les passages les plus périlleux ont été aménagés en priorité, comme les gorges de la Roya. À hauteur du village de Saorge, on trouve encore aujourd’hui l’inscription commémorative de la construction de la route, gravée à même le roc. En 1616, le village de Fontan est créé pour servir de relais. 


Avec le creusement du port de Nice à partir de 1749, Charles Emmanuel III de Savoie a l’ambition de développer et de promouvoir le commerce international entre la Méditerranée et l’Europe continentale par l’intermédiaire de ses États. Avec cette route carrossable, les ports de Nice et Villefranche, les nouvelles fabriques, avec les inscriptions monumentales gravées sur les flancs de la montagne, la Maison de Savoie montre bien sa volonté de relier la Méditerranée au Nord de l’Europe afin de hisser Turin au premier rang des capitales européennes. 


La Route Royale est riche d’un ensemble de monuments d’architecture baroque réalisé par plusieurs architectes parmi lesquels Robilante, Spinelli, Michaud, Alfieri. Tout au long de son tracé vers Turin, la route est bordée de chapelles, d’églises, de portes monumentales, de dédicaces au souverain, d’arcs de triomphe. Les églises sont pour la plupart dotées de splendides orgues de facture italienne appartenant aux XVIIe, XVIIIe et XIXe siècle : cette monumentalité va crescendo à mesure que l’on approche de la capitale. 


À partir des années 1980, le Conseil Général des Alpes-Maritimes (France) et l’Amministrazione Provinciale de Cuneo et Turin (Italie) ont initié une extraordinaire opération de restauration, de conservation et de mise en valeur du patrimoine organistique existant sur les territoires concernés.


Mieux faire connaître ces instruments, mettre en lumière leur originalité, tel est le but de notre projet, suite logique de la politique menée jusque-là par les différents acteurs.

 

Silvano Rodi 
Organiste titulaire de l’église Sainte-Dévote de la Principauté de Monaco 

Organiste honoraire des grandes orgues de la Basilique Saint Jean Baptiste de Imperia-Oneglia

Professeur d’orgue au Conservatoire Dép. de Musique des Alpes-Maritimes, Nice

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